Voyage de 1843
Victor Hugo et la culture basqueVictor Hugo et la culture basque
C'est en 1811 qu'il visite, pour la première fois, le Pays Basque. Son père Léopold-Joseph Hugo « Brutus », général de l'armée de Napoléon, participait à la Guerre de l'Indépendance Espagnole, et le futur écrivain, avec ses deux frères aînés et sa mère, ont traversé le Pays Basque pour rejoindre son père, en garnison à Madrid.
Le voyage dans un pays en guerre avec la France s'avérait dangereux et les Français n'osaient le traverser qu'escortés ; il était donc nécessaire d'attendre à Bayonne la formation d'un convoi. Il passa un mois dans cette région et montra un intérêt spécial pour le Pays Basque, prenant même, quelques années plus tard, le nom du village d'Hernani pour son célèbre drame.
Il avait environ 10 années, l'âge dans lequel l'esprit est ouvert et sensible et accumule des trésors dans la mémoire :
"J'étais tout petit quand j'ai traversée ces montagnes et quand je l'ai entendu par la première fois. L'autre jour, dès qu'il a frappée mon oreille, rien qu'à l'entendre, je me suis senti subitement rajeuni, il m'a semblé que toute mon enfance revivait en moi, je ne saurais vous dire par quel étrange et surnaturel effet sur ma mémoire était fraîche comme un aube d'avril, tout me revenait à la fois ; les moindres détails de cette époque heureuse m'apparaissaient nets, lumineux, éclairés comme par le soleil levant. C'était hier. Oh! Le beau temps!
En 1843, à peine arrivé, il reste impacté à cause de la détérioration des villages et de gens après les guerres des carlistes :
« Les deux tiers des villages sont ruinés. Carlistes, cristinos. La guerre civile chouannait dans le Guipuzcoa et la Navarre »
Assez étonnante, sa sensibilité à l'identité basque:
« J'ajoute qu'ici un lien secret et profond, et que rien n'a pu rompre, unit, même en dépit des traités, ces frontières diplomatiques, même en dépit des Pyrénées, ces frontières naturelles, tous les membres de la famille, tous les membres de la mystérieuse famille basque. Le vieux mot Navarre n'est pas un mot. On naît basque, on parle basque, on vit basque et l'on meurt basque. La langue basque est une patrie, j'ai presque dit une religion. Dîtes un mot basque à un montagnard dans la montagne ; avant ce mot, vous étiez à peine un homme pour lui ; ce mot prononcé, vous voilà son frère. La langue espagnole est ici une langue étrangère comme la langue française. (...) La France a pris un revers des Pyrénées, l'Espagne a pris l'autre ; ni la France ni l'Espagne n'ont pu désagréger le groupe basque. Sous l'histoire nouvelle qui s'y superpose depuis quatre siècles, il est encore parfaitement visible comme un cratère sous un lac... »
Dans ses notes de voyage et dans sa correspondance familière il fait quelques références sur l'importance du basque dans la zone, et même arrive à acheter un livre de grammaire basque qu'il n'hésite pas à utiliser à l'opportunité minimale en utilisant des phrases en basque de forme quotidienne.
Sur les traces de Victor Hugo…….à Pasaia